Les liquidités partagées au Poker deviennent une réalité en Europe

A l’instar de ce qui se passe outre-Atlantique, avec le partage des liquidités entre les états ayant autorisés la pratique réglementaire du jeu, l’Europe du poker légal se construit lentement mais surement.

Avec l’arrivée des premières applis en .com sur Internet dans les années 2000, le poker en argent réel à connu un développement rapide, anarchique et sans frontière. Voyant une manne financière de plus en plus conséquente échapper à l’impôt, les principaux pays européens se devaient de réagir, ce qu’ils firent à partir des années 2010.

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C’est ainsi que la France, sous la présidence de Jacques Chirac, crée l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne), un organisme ayant pour but de réguler le marché des jeux en ligne dans l’hexagone. Avec la loi du 12 Mai 2010, le législateur impose désormais aux salles souhaitant opérer en France le respect d’un cahier des charges très précis. Les opérateurs doivent mettre à jour leur logiciel et ne peuvent accueillir à leurs tables de jeu que les résidents français : c’est le début des sites en .fr.

Ce phénomène de régulation s’étend ainsi à tous les principaux pays européens. L’Espagne crée le DGOJ (‘Dirección General de Ordenación del Juego’ soit l’équivalent de l’ARJEL) et promulgue une loi similaire à la loi française en date du 27 Mai 2011. Seuls les résidents espagnols sont désormais admis aux tables en .es.

En Italie c’est l’AAMS (‘Amministrazione Autonoma dei Monopoli di Stato ‘) qui impose aux résidents italiens de jouer sur les sites en .it.

Mais après l’euphorie crée par l’ouverture légale, tous les pays européens constatent la même tendance : un tassement de la fréquentation aux tables et une baisse inéluctable des prizepools.

La France n’échappe pas à ce phénomène, ce qui pousse le législateur (soucieux de préserver ses rentrées fiscales !) à revoir sa stratégie et à prendre contact avec ses voisins européens.

Mais partager les liquidités entre pays voisins n’est pas si simple que cela. Les législations et taxassions différent comme dans la plupart des autres secteurs d’activité.

Côté français, sous la présidence de François Hollande, c’est Axelle Lemaire qui fait voter la loi numérique (28 Septembre 2016), une loi qui autorise, via son article 95, le partage des liquidités entre opérateurs européens.

En suivant une méthodologie semblable à la nôtre, nos voisins du Sud (Espagne, Italie et Portugal) obtiennent des accords similaires de la part de leurs parlements. A noter qu’un début de dialogue avec les Anglais a fait long feu pour cause de Brexit.

Les autorisations de partage étant acquises, reste à s’entendre sur les modalités de cette répartition. C’est chose faite le 6 Juillet 2017 avec la signature d’une convention à Rome entre 4 pays du Sud de l’Europe: France, Espagne, Italie et Portugal.

Débute alors le long processus d’obtention des licences avec la difficulté supplémentaire, pour chaque salle, de monter des dossiers de candidature pour les 4 pays concernés.

Déjà installé en Espagne, PokerStars a été le premier à obtenir sa licence franco-espagnole.
C’est ainsi que, depuis Janvier 2018, les joueurs français et espagnols partagent désormais les mêmes tables de poker en ligne. Le forum de ClubPoker relate les inévitables ajustements (mise à jour de soft) pour tenir compte des particularités de chaque pays

De son côté Winamax met à profit le délai de traitement de sa demande de licence espagnole pour peaufiner son entrée sur la scène ibérique. La salle à Patrick Bruel avait déjà anticipé cette expansion en recrutant l’an dernier 2 cadors européens du circuit international : l’Espagnol Adrián Mateos Diaz (plus jeune joueur à remporter 3 bracelets World Series of Poker à seulement 22 ans) et l’Italien Mustapha Kanit (l’as des Highroller en live avec plus de 9 millions de dollars de gains en 2017).

Nul doute que la salle au W saura mettre à profil ce décalage temporel (par rapport à son concurrent à la pique rouge) pour offrir au internautes français et espagnols des tables partagées aux prizepools XXL